Océan
Haute mer: la fin du Far West sous conditions
17/01/2026
La rédaction,
Le 18/01/2026
- Pour Christophe Dingreville, président de l’UIE l’eau relève des communes et intercommunalités. - La crise est déjà là, 4 Français sur 10 touchés. 1 000 communes sans eau en 2022. - Les réseaux manquent d’argent, 4,2 Md€ par an d’investissement manquent pour l’eau.
À l’approche des élections municipales de 2026, Christophe Dingreville, président de l’Union des industries et entreprises de l’eau (UIE), appelle à replacer l’eau au cœur du débat local. Un enjeu encore largement absent des campagnes électorales, alors même que les communes et intercommunalités assument en France la responsabilité directe de l’eau potable et de l’assainissement. Pour le président de l'(UEI), la crise de l’eau n’est plus une hypothèse. Sécheresses répétées, inondations et pollutions touchent déjà près de 40 % des Français. En 2022, environ 1 000 communes ont manqué d’eau potable, et les projections du Haut-Commissariat à la stratégie et au plan indiquent que 88 % du territoire pourrait être confronté à des tensions modérées à sévères sur les prélèvements d’ici 2050. Ces contraintes pèsent directement sur l’attractivité des territoires, leur développement économique et leur capacité à accueillir habitants et activités.
Le président de l’UIE alerte également sur l’état des infrastructures. Les réseaux d’eau et d’assainissement souffrent d’un sous-investissement structurel évalué à 4,2 milliards d’euros par an. La facture d’eau, principale source de financement des services, ne permet plus de couvrir le renouvellement des canalisations ni les adaptations nécessaires face aux nouvelles contraintes climatiques et sanitaires. Selon lui, un alignement du prix de l’eau sur la moyenne allemande, soit environ un euro supplémentaire par mètre cube, permettrait de dégager 4,5 milliards d’euros par an pour moderniser les réseaux. Cette question du prix reste politiquement sensible. Christophe Dingreville pointe une concurrence entre territoires autour du « prix bas de l’eau », qu’il juge contre-productive. Les nouvelles exigences liées aux micropolluants et aux PFAS, ainsi que l’évolution de la réglementation européenne sur l’assainissement, impliquent des investissements lourds. Dans ce contexte, « faire plus avec moins » n’est plus tenable. Parmi les leviers à activer, il cite la lutte contre les fuites, responsables en moyenne de 20 % des pertes, le développement de la réutilisation des eaux usées traitées, encore marginale en France, et une meilleure prise en compte des eaux pluviales dans l’urbanisme. Pour le prochain mandat municipal, le message est clair : diagnostic précis, plan pluriannuel d’investissement et pédagogie auprès des habitants, alors qu’un Français sur deux se dit mal informé sur les enjeux de l’eau.
La réutilisation des eaux usées traitées (REUT) consiste à utiliser de l’eau déjà épurée pour des usages non potables, comme l’irrigation ou le nettoyage urbain. Contrairement au recyclage interne, où l'eau est réutilisée directement sur place sans passer par une station d'épuration, la REUT implique un traitement complet en station d'épuration avant son utilisation pour un second usage, souvent dans un autre lieu ou pour un autre objectif.
Source Environnement Magazine janvier 2026 À lire aussi
Recevez gratuitement, dans votre boîte mail, toute l’actualité de l’eau.