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Chlorothalonil - des métabolites persistants contaminent l’eau potable

La rédaction,
Le 20/12/2025

Les 3 points à retenir

. Le chlorothalonil, pourtant interdit, continue de contaminer les nappes via ses métabolites persistants. . Dans les Deux-Sèvres, le métabolite R471811 atteint jusqu’à 8 µg/L dans l’eau brute et 2,6 µg/L dans l’eau traitée. . En 2024, l’Anses a reclassé ce métabolite comme « non pertinent » et relevé la valeur indicative à 0,9 µg/L.

Interdit dans l’Union européenne, le chlorothalonil continue de produire des effets durables sur les ressources en eau. En se dégradant dans les sols, ce fongicide génère des métabolites capables de migrer lentement vers les nappes phréatiques, jusqu’aux captages d’eau potable.

Des concentrations élevées dans les eaux traitées

Dans les Deux-Sèvres, les analyses menées sous le contrôle des Agences régionales de santé (ARS) mettent en évidence des concentrations élevées du métabolite R471811, y compris dans les eaux traitées. Pour les services publics d’eau potable, la situation est complexe : ces substances sont difficilement éliminées par les traitements classiques, obligeant parfois à diluer les ressources ou à fermer des captages. Ce dossier illustre les effets différés des pesticides sur l’environnement. Même après leur interdiction, certaines molécules continuent d’impacter durablement l’eau potable, rappelant que la prévention à la source reste le levier le plus efficace pour protéger la ressource.

Le chlorothalonil, en bref ( Info+ Water Guette)

Le chlorothalonil est un fongicide utilisé massivement en agriculture depuis les années 1960 pour lutter contre les maladies des cultures, notamment en maraîchage. Son usage répété a conduit à une contamination durable des sols. En se dégradant, il forme des métabolites très persistants, capables de migrer jusqu’aux nappes phréatiques et d’atteindre l’eau potable. Face aux risques pour la santé et l’environnement, le chlorothalonil a été interdit dans l’Union européenne en 2020. Mais ses effets perdurent : certains métabolites, comme le R471811, sont encore détectés aujourd’hui dans les eaux, illustrant une pollution héritée, difficile à résorber. Sources : Anses, EFSA, Commission européenne, ARS, Syndicat d’eau du Val de Thouet.

Source le Courrier de l'Ouest du 19 décembre 2025 A lire aussi

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