Gestion de l'eau
PFAS: à Cherbourg, quand les normes supplantent la santé publique
31/08/2025
La rédaction,
Le 21/12/2025
• Plus de 60 % des eaux brutes du département sont contaminées par des pesticides • 4,6 % des réseaux d’eau potable dépassent les normes réglementaires • La dépollution est payée quasi exclusivement par les consommateurs
À l’occasion de la publication de la 5e version de la carte interactive de la qualité de l’eau du robinet, l’antenne départementale de UFC-Que Choisir dénonce l’ampleur des pollutions agricoles dans la Manche et le fait que leur coût repose presque entièrement sur les usagers. Plus de 60 % des eaux brutes du département contiennent des pesticides et plus de la moitié sont chargées en nitrates. Si ces substances ne se retrouvent pas systématiquement dans l’eau du robinet, c’est grâce à des traitements de plus en plus lourds, dont le coût se répercute directement sur les factures.
En 2025, 4,6 % des réseaux d’eau potable de la Manche dépassent les valeurs réglementaires en pesticides, notamment à cause de métabolites issus de la dégradation de produits phytosanitaires. Une situation qui illustre, selon l’association, "la difficulté des traitements de potabilisation actuels à faire face au niveau des polluants agricoles". Les services de l’État estiment déjà à plus d’un milliard d’euros par an le coût national de la dépollution des pesticides et des nitrates, intégralement payé par les consommateurs. Avec des technologies plus efficaces mais jusqu’à quatre fois plus chères pour les petites collectivités, la hausse est déjà visible : le prix moyen de l’eau a augmenté de 16 % en deux ans et demi. Refusant que "les consommateurs continuent à être les seuls à payer le traitement des pollutions qu’ils subissent", l’UFC-Que Choisir de la Manche réclame des mesures obligatoires de protection des captages et un relèvement de la taxe sur les pesticides agricoles, afin d’appliquer enfin le principe pollueur-payeur.
Les pollutions de l’eau potable sont majoritairement liées aux pesticides et aux nitrates utilisés en agriculture. Après leur épandage, ces substances s’infiltrent dans les sols puis rejoignent les nappes phréatiques et les cours d’eau. Avec le temps, les pesticides ne disparaissent pas : ils se dégradent. Ils forment alors des métabolites, c’est-à-dire des produits de transformation. Ces métabolites sont souvent plus mobiles et plus persistants que la molécule d’origine, ce qui explique qu’on les retrouve fréquemment dans l’eau brute et parfois dans l’eau du robinet. Les normes européennes sont fixées à des niveaux très bas 0,1 µg/L par pesticide ou métabolite 0,5 µg/L pour leur somme . Aujourd’hui, ce sont principalement les métabolites de pesticides, plus que les pesticides eux-mêmes, qui posent problème. Leur élimination nécessite des technologies avancées, dont le coût est supporté par les consommateurs, alors même que l’origine de la pollution est agricole
Source UFC Que Choisir du 24 novembre 2025 À lire aussi
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