Gestion de l'eau
Perrier, l’étiquette à l’épreuve de sa source
17/12/2025
La rédaction,
Le 16/12/2025
• Un projet d’adduction d’eau pour sécuriser l’irrigation agricole • La culture de l’abricot, très consommatrice d’eau, au cœur des tensions • Un risque de fracture entre usages locaux et agriculture intensive
Dans les Pyrénées-Orientales, la sécheresse durable ravive un conflit autour de l’eau. Pour répondre à la raréfaction de la ressource, les pouvoirs publics soutiennent un projet de tuyau de 10 km destiné à sécuriser l’irrigation en aval de la vallée de l’Agly, notamment pour les vignes et les vergers d’abricotiers.
Mais cette solution technique suscite une vive opposition en amont. Habitants, jardiniers et petits maraîchers craignent de voir leur accès à l’eau se réduire, alors que la ressource est déjà sous forte pression. Des experts alertent aussi sur les risques hydrologiques, le fleuve alimentant un système karstique complexe, essentiel à la recharge des nappes et aux écosystèmes locaux. En filigrane, le débat dépasse le simple aménagement hydraulique. La culture de l’abricot, très gourmande en eau, apparaît comme un symbole des difficultés d’adaptation agricole face au changement climatique. Pour plusieurs observateurs, sécuriser l’irrigation sans repenser les cultures pourrait accentuer les inégalités et nourrir une véritable guerre de l’eau.
• Une culture très gourmande en eau L’abricotier nécessite des apports réguliers en eau, en particulier au printemps et en été, au moment où la ressource est la plus rare dans les Pyrénées-Orientales. • Un modèle hérité d’un climat qui n’existe plus Le développement de l’abricot reposait sur une eau historiquement abondante, liée à la fonte des neiges et à des cours d’eau plus réguliers. Le changement climatique a profondément modifié cet équilibre. • Une vulnérabilité accrue face aux sécheresses En cas de restriction, les vergers sont fortement exposés, poussant à sécuriser l’irrigation par des infrastructures lourdes plutôt qu’à adapter les cultures. • Un facteur de tensions sociales La nécessité d’assurer l’eau pour l’abricot peut entrer en concurrence directe avec d’autres usages agricoles, domestiques et environnementaux, accentuant les conflits locaux. • Un débat sur l’adaptation agricole Pour plusieurs chercheurs et acteurs de l’eau, maintenir ces cultures interroge la stratégie d’adaptation : faut-il sécuriser toujours plus d’eau, ou repenser les systèmes agricoles vers des cultures adaptées aux climats semi-arides ?
Source Reporterre du 16 12 20s À lire aussi
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