Montée des eaux
"Quand les nappes montent", une enquête illustrée en Bande dessinée sur un phénomène méconnu
19/12/2025
La rédaction,
Le 05/01/2026
-Le scénario repose sur la crue centennale, un repère statistique hérité du passé -La montée du niveau de la mer amplifie marées, tempêtes et crues estuariennes -Le risque est encore présenté comme exceptionnel, alors que sa fréquence augmente
Jusqu’à deux mètres d’eau dans certaines rues du Havre. Ce scénario, relayé par le journal Paris-Normandie, ne relève pas d’une projection isolée mais s’appuie sur des outils réglementaires de gestion du risque utilisés par l’État. Il repose notamment sur l’hypothèse d’une crue dite centennale, définie comme un événement ayant 1 % de probabilité de se produire chaque année. "Notre mission est de réduire l’exposition de la population à un phénomène naturel qui est l’inondation par submersion marine" , explique Éric Evain, chef du service territorial du Havre à la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) de Seine-Maritime
Les niveaux d’eau évoqués résultent d’un cumul de facteurs pris en compte dans les études techniques : élévation du niveau marin, marée, surcote météorologique et crue estuarienne. Au Havre, le niveau moyen de la mer a déjà augmenté de 13 cm depuis 1938, et les projections locales tablent sur environ +60 cm d’ici 2100, des données aujourd’hui intégrées aux documents de prévention utilisés par les services de l’État. Contrairement à l’imaginaire d’une vague venant du large, la submersion ne surviendrait pas par la plage. " La montée des eaux se fera depuis la mer, elle remontera l’estuaire avant de se déverser sur la réserve naturelle, puis de revenir vers Le Havre" , précise Miguel Santiago, chef du projet risques et aménagements à la DDTM. Le phénomène est décrit comme progressif, s’étalant sur plusieurs cycles de marée, soit environ 48 heures, laissant théoriquement le temps d’anticiper et de se mettre à l’abri.
Crue centennale : un repère de plus en plus fragile La crue centennale est un outil statistique construit à partir des événements passés, dans un climat longtemps considéré comme stable. Or, le changement climatique bouleverse ces repères. L’intensification des précipitations, la répétition des tempêtes et la montée du niveau marin tendent à transformer des événements qualifiés d’exceptionnels en phénomènes plus fréquents. Le risque n’est donc plus seulement celui d’un choc rare, mais celui de crues répétées, capables d’user les territoires, les réseaux et les populations. Un changement de paradigme encore peu intégré dans les outils de prévention et d’aménagement. ( Source Ilian Moundib, Ingénieur centralien et titulaire d'un master de physique )
Source Paris-Normandie du 3 janvier 2026 À lire aussi
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