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Innovations et solutions durables / Solutions locales et communautaires

ITW Charlène Descollonges: "sans eau plus rien ne fonctionne"

Dans un moment où l’eau s’impose comme l’un des enjeux majeurs du siècle, Charlène Descollonges, hydrologue, ingénieure et "passeuse", invite à repenser en profondeur notre rapport à l'eau. De la gouvernance de l’eau à l'éduction aux phénomènes climatiques extrêmes, en passant par l’hydrologie régénérative, elle appelle à une véritable bascule culturelle. Water Guette a recueilli son regard, précis et sensible, sur les transformations nécessaires pour restaurer des systèmes vivants résilients.

Par Nicolas Vignot
Paru le 26/11/2025

Charlène Descollonges

W G -Avant d'aborder les enjeux autour de l'eau, pourriez-vous nous expliquer le rôle d’un hydrologue et ce que recouvre cette profession ? C D -Le métier d’hydrologue consiste à étudier les eaux de surface, les rivières, les zones humides, les lacs, les grands fleuves, tout ce qui compose l’hydrographie d’un bassin versant. Certaines personnes travaillent en bureau d’études et réalisent des diagnostics ou de la modélisation hydrologique à grande échelle. Ce n’est pas ce qui me correspond le mieux et je laisse volontiers cette partie technique à mes collègues. Je me suis plutôt orientée vers l’accompagnement des collectivités, avec un travail sur la gouvernance de l’eau et sur la gestion stratégique de la ressource à l’échelle du bassin versant. Et peu à peu, j’ai pris un autre chemin. Je suis en train de créer un métier de "passeuse" . W G - Une passeuse, dites-vous. Qu’est-ce que cela signifie exactement ? C D -Être passeuse signifie traduire la complexité des enjeux liés à l’eau et aux milieux aquatiques, créer des ponts entre la connaissance scientifique, la vulgarisation et la transmission. Nous ne sommes pas nombreux en France à occuper cette place. Sensibiliser, reconnecter des publics parfois très éloignés des questions d’eau, que ce soient des entreprises, des associations, des banques, des assurances ou des collectivités. J’ai mis de côté l’aspect technique strict, tout en restant en lien avec les ingénieurs, pour me consacrer à cette mission de transmission. Faire circuler les savoirs, diffuser une culture commune de l’eau. W G - On sent dans votre discours que vous avez développé un lien particulier avec l’eau. Pourriez-vous nous donner votre définition de ce qu’est l’eau ? C D -L’eau douce mais aussi l’eau du grand cycle qui relie toute la planète, représente pour moi le commencement de tout. C’est l’origine de la vie, ce qui permet à toutes les espèces, qu’elles soient terrestres ou marines, d’exister. L’eau est un habitat, un milieu de vie et, d’une certaine façon, le prolongement de nos propres corps. J’essaie de transmettre une bascule culturelle. Il s’agit de sortir de l’idée d’une eau inerte ou d’une simple ressource. L’eau est un commun vivant, influencé par les êtres vivants et en interaction permanente avec eux. C’est cette vision que je partage : apprendre à voir l’eau comme une entité avec laquelle nous construisons un monde commun. Cette sensibilité ne s’est pas imposée d’un seul coup. W G - Charlène, vous êtes aussi ingénieure de formation. Vous dites avoir déconstruit une partie de cet apprentissage. Qu’est-ce qui vous a poussée à le faire ? C D -Je déconstruis , mais je ne rejette pas tout ce que m’a apporté ma formation d’ingénieure. J’en garde le meilleur, notamment la compréhension de la complexité de l’hydrosystème et les outils qui permettent d’appréhender cette complexité. L’ingénierie n’est pas à mettre entièrement de côté, mais il faut réussir à prendre de la distance. Je déconstruis surtout certaines idées reçues. On nous a appris à voir l’eau comme une ressource abiotique, uniquement physique, faite de molécules qu’on prélève, qu’on traite et qu’on rejette. Cette vision ignore complètement les relations entre la rivière, son milieu et les êtres vivants. Lorsqu’on fonctionne avec un logiciel purement ingénieur, on tombe très vite dans la maladaptation, dans l’hyper-contrôle des hydrosystèmes. Ce contrôle excessif a justement contribué à leur dégradation. C’est un peu comme si l’ingénieur était devenu le pompier pyromane qui cherche à éteindre les problèmes qu’il a contribué à créer. Plusieurs déclics m’ont amenée à cette prise de recul. Il y a d’abord mon frère, pêcheur à la mouche, qui m’a transmis très tôt son regard sensible et de terrain sur les rivières. Et puis il y a eu mes premières expériences professionnelles. J’ai réalisé à quel point l’eau restait un sujet technique, confiné dans une sphère politique et administrative très fermée. Cela ne correspondait pas du tout à ma manière de voir les choses. J’ai pris un pas de côté pour ne plus être "à l’intérieur", mais agir depuis l’extérieur, avec davantage de liberté, et tenter ainsi de faire évoluer le système.

"Sans eau, plus rien ne fonctionne"

W G - On s’aperçoit, avec le réchauffement du climat, que l’eau redevient centrale dans nos vies. Elle conditionne l’économie, l’industrie, l’agriculture, mais aussi nos usages quotidiens. Qu’est-ce que cette prise de conscience change selon vous ? C D -Oui, on dit souvent que l’eau est vitale pour nos corps et pour les autres vivants, mais cette évidence ne suffit pas à faire bouger le système. Tout le monde peut être d’accord avec ça, et cela ne change rien aux décisions. En revanche, dès qu’on explique que l’eau est indispensable à l’économie, on touche au cœur du problème. Sans eau, il n’y a plus d’énergie, plus d’industrie, plus d’agriculture, plus de construction. Plus rien ne fonctionne. On change complètement d’échelle et on parle à des publics qui, jusque-là, ne se sentaient pas concernés. C’est pour cette raison que je vais désormais voir des gens très éloignés de la sphère technique et politique de l’eau. La sphère économique s’est tellement déconnectée des enjeux hydrologiques qu’elle a fini par oublier la matière première qui permettait à tout de tenir debout.

L’eau n’est plus seulement une question écologique, c’est une condition d’existence pour l’ensemble des activités humaines. Reconnaître cela, c’est déjà commencer à faire bouger les lignes.

Charlène Descollonges ingénieure hydrologue

W G - Des phénomènes climatiques intenses se multiplient. Sécheresses durables d’un côté, inondations violentes de l’autre. Pour beaucoup, cette coexistence ressemble à un paradoxe. Pouvez-vous nous expliquer ce qui se passe derrière ces phénomènes ? C D- Ce ne sont pas deux phénomènes opposés, mais deux expressions d’une même réalité. Les sécheresses et les inondations ont toujours existé, avec des périodes de basses eaux et des périodes de hautes eaux. Ce qui change aujourd’hui, c’est l’intensité. Les extrêmes se renforcent. Il y a deux grandes causes. D’abord l’impact des activités humaines. Elles modifient profondément les milieux, bien avant que les effets du changement climatique ne deviennent visibles. Ensuite le changement climatique vient amplifier ces désordres. On lui attribue souvent toutes les responsabilités, alors que les dégâts sont déjà là depuis des décennies. C'est encore en partie réversible si on redonne de la vitalité aux cours d’eau et aux milieux. Les altérations sont nombreuses. Sur l’eau verte, l’agriculture intensive, la sylviculture intensive ou l’urbanisation non maîtrisée perturbent les sols et l’humidité qui s’y stocke. Sur l’eau bleue, les stockages artificiels, les barrages, les retenues, les endiguements, les dérivations modifient le fonctionnement naturel des rivières. S’ajoutent les prélèvements importants qui créent un déséquilibre quantitatif, les pollutions diffuses ou directes et la présence d’espèces exotiques envahissantes.

Les rivières rectifiées et endiguées sont un bon exemple. En les simplifiant, en les mettant au cordeau, on les a déconnectées de leurs nappes. La nappe ne peut plus soutenir les débits en été, ce qui accentue les sécheresses. Et en hiver, une rivière déconnectée de sa nappe déborde plus facilement, car les nappes et les zones alluviales jouent normalement un rôle d’éponge et de tampon hydraulique. En détruisant ces relations naturelles, on accélère le cycle de l’eau. Cela crée à la fois des sécheresses structurelles et des crues plus brutales. Le changement climatique ajoute simplement l’urgence. Les événements vont devenir plus intenses, ce qui nous obligera, tôt ou tard, à laisser davantage de place aux rivières et à restaurer un fonctionnement naturel capable d’amortir ces extrêmes. W G -Face à ce constat comment répondre aux rouleaux compresseurs économiques que sont l’urbanisation, les data centers, les méga-bassines, la neige artificielle ou encore les grands chantiers d’infrastructure comme le tunnel Lyon–Turin. Quand on est hydrologue , comment fait-on face à de telles dynamiques ? C D - Je peux répondre depuis ma place de passeuse, puisque c’est ainsi que je conçois mon rôle aujourd’hui. Je parle à tout le monde, y compris aux donneurs d’ordre et aux acteurs économiques. Ma contribution consiste à faire évoluer les cultures, les regards et les comportements, et à travers eux, les projets. On me demande souvent comment on peut endiguer cette vitesse, cette inertie, ces rouleaux compresseurs que vous évoquez. Et je renvoie toujours la question, parce que c’est un défi collectif. J’utilise souvent l’image du castor, qui est pour moi le véritable ingénieur des hydrosystèmes. Comme lui, je construis des ouvrages. L’objectif n’est pas de bloquer, mais de ralentir, de dévier légèrement la dynamique pour lui redonner de la respiration. Ce n’est possible qu’en créant un tissage de forces entre scientifiques, habitants, citoyens et associations. Quand ces alliances se mettent en place, on construit ce que j’appelle un "ouvrage de castor”. Que fait un ouvrage de castor ? Il ouvre d’autres voies. Je rappelle souvent que ce n’est pas un mur dressé pour dire non et tout arrêter, contrairement à ce que l’on reproche parfois aux luttes écologiques. Un ouvrage castor, c’est au contraire une manière de proposer des alternatives, d’esquisser d’autres chemins. En hydrologie régénérative, on crée des voies secondaires dans la rivière pour ramener de la vie, de l’humidité, des habitats. Les luttes fonctionnent de la même manière : il s’agit de tisser des alliances interspécifiques, interassociatives pour ouvrir d’autres chemins, faire émerger d’autres possibles. Il faut être lucide : certaines choses devront être abandonnées. Il n’existe pas toujours d’alternative satisfaisante, ni techniquement ni écologiquement. Pour les méga-bassines, par exemple, la seule voie crédible est de financer massivement l’agroécologie, l’agroforesterie et les circuits courts. W G -Vous insistez sur la nécessité de revoir nos cadres et notre manière de comprendre les milieux. Cela interroge aussi ce que l’on transmet à l’école. Vous expliquez souvent que le schéma du cycle de l’eau, tel qu’il est encore enseigné, est obsolète. Pourquoi ne correspond-il plus à ce qui se passe aujourd’hui ? C D -Il manque en réalité deux éléments essentiels dans ces schémas. Le premier concerne les interactions humaines avec les cycles de l’eau. L’agriculture, par exemple, puise dans l’humidité des sols ; les forêts, l’aménagement du territoire, l’eau potable, les pollutions… tout cela façonne le cycle, mais n’apparaît jamais dans les représentations scolaires. Le second élément oublié, c’est l’eau verte : l’humidité stockée dans les sols et utilisée par les plantes. C’est elle qui fait pousser les cultures, les forêts ou même les sapins de Noël. Elle constitue pourtant la plus grande part de l’empreinte eau de l’humanité. Et c’est un enjeu majeur, car nous avons dépassé la limite planétaire liée à cette eau verte : les sols s’assèchent, la végétation dépérit et les écosystèmes s’effondrent en aval. J’ai travaillé un an et demi dans les écoles avec la Water Family, une association très active en milieu scolaire. Les enfants apprennent vite, c’est fascinant. Pour ce qui est des programmes actuels, je ne connais pas tout dans le détail, mais une chose est sûre : le schéma du cycle de l’eau n’a pas changé. C’est étonnant. Il faudrait l’actualiser, l’adapter aux connaissances scientifiques d’aujourd’hui. Cela demande un vrai travail pédagogique. La Water Family propose déjà beaucoup de contenus gratuits qui complètent ce que l’on n’apprend pas encore à l’école. W G -Comprendre ce qui se joue dans les cycles de l’eau, c’est aussi comprendre qui décide des usages et des arbitrages. Et cela nous ramène à une autre question clé, celle de la gouvernance de l’eau. Dans une précédente interview vous soulignez que l’eau reste largement considérée comme une chose, et non comme une entité à part entière. Peut-on imaginer, demain, intégrer l’eau en tant qu’entité juridique au sein des gouvernances de l’eau ? C D - La gouvernance institutionnelle existe, avec ses règles et ses prérogatives. Elle est imparfaite, mais elle constitue une base sur laquelle s’appuyer. Aujourd’hui, le collège majoritaire est celui des élus locaux, et l’on voit bien la proximité avec les intérêts économiques. Cette surreprésentation pèse lourd : dans les décisions liées à l’eau, les activités économiques priment souvent sur la protection des milieux, malgré ce que dit la loi. Les associations environnementales, elles, restent très minoritaires. Parallèlement, une autre voie émerge : celle des droits de la nature, portée par des citoyens qui souhaitent donner une voix juridique aux milieux. C’est une dynamique passionnante, mais qui suscite des débats chez les juristes. Certains estiment que le droit existant suffirait s’il était correctement appliqué ; d’autres considèrent qu’il faut en créer un nouveau. C’est un vrai débat d’expertise. Pour ma part, je crois à l’expérimentation. On l’a vu avec la Convention citoyenne pour le climat. Et, en France, avec l’Assemblée populaire du Rhône : des citoyens tirés au sort, formés pendant deux ans, ont conclu que la gouvernance actuelle n’est pas suffisante et qu’il faut reconnaître des droits au fleuve. Leurs débats, riches et argumentés, montrent qu’on peut produire un avis éclairé sans être expert, ce qui devrait inviter les professionnels de l’eau à davantage d’humilité. Certaines collectivités commencent d’ailleurs à s’emparer de ces questions. Nantes et Lyon y travaillent ; Paris a manifesté son intérêt pour la Seine ; et en Corse, autour du Tavignanu , une coalition citoyenne et politique s’est constituée. Ce sont des innovations à suivre de près. W G - Cela nous amène à un autre chantier que vous portez depuis plusieurs années, et qui vise lui aussi à transformer notre rapport à l’eau. Vous menez depuis plusieurs années un travail que vous appelez l'hydrologie régénérative. Qu'est-ce que cela signifie et en quoi cette approche peut-elle transformer notre manière de gérer l'eau ? C D - L’hydrologie régénérative représente un changement profond. Ce ne sont pas des techniques, ni une innovation au sens classique du terme. C’est une transformation culturelle, scientifique et sociale, qui consiste à remettre le vivant au cœur des cycles de l’eau. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas quelque chose qui existait déjà. C’est une démarche émergente en France, une nouvelle manière de considérer l’eau non plus comme un simple élément inerte, mais comme une dynamique vivante.

On ne peut plus faire comme si l’eau était une ressource séparée des milieux. Il faut changer de culture.

Charlène Descollonges, Ingénieure hydrologue

Cela suppose d’appuyer cette bascule sur les connaissances scientifiques, mais aussi de modifier nos pratiques et nos politiques. Ça implique, par exemple, de réintégrer l’eau verte dans la gestion de l’eau. On ne parle plus d’un seul cycle de l’eau, mais de multiples petits cycles, ceux de l’eau verte et de l’eau bleue. Concrètement, cette démarche s’appuie sur des principes simples et déjà bien connus en France : ralentir l’eau, favoriser son infiltration, la stocker dans les sols et les sous-sols, la laisser évapotranspirer, diversifier les milieux. Ce sont ces processus qui redonnent de la vie, de l’humidité, des habitats, et qui permettent peu à peu de restaurer des systèmes résilients. W G - Au-delà des alternatives que vous évoquez, il y a aussi la question de la mise en oeuvre. Vous travaillez avec des collectivités, à qui vous conseillez l'hydrologie régénérative. Etes-vous entendue, et est-ce que cela produit des changements concrets? C’est encore trop tôt pour mesurer l’impact, mais une dynamique est clairement en cours autour de l’hydrologie régénérative et de l’association que je co-préside, Pour une hydrologie régénérative. J’en parlerai davantage l’année prochaine : le manifeste que j’ai écrit paraîtra en 2026 (Info+). Il présentera les fondements de l’hydrologie régénérative, les exemples existants, les inspirations en France et ailleurs, et tout ce qui est en train d’émerger. Les choses bougent, mais il faut les renforcer.

Info+

Le manifeste " Eaux vives, pour une hydrologie régénérative" paraîtra le 04 février 2026 chez Actes Sud

La sortie du livre coïncidera avec les élections municipales, un moment décisif. Les collectivités repartiront pour six ans, et il est essentiel que ces futurs mandats fassent bloc face à certaines orientations nationales ou européennes qui vont dans le mauvais sens. Avec les collectivités pilotes, notamment sur le bassin Rhône–Méditerranée, nous montrons qu’elles peuvent jouer un rôle majeur pour accompagner un changement de modèle, agricole, urbain, énergétique. Les leviers existent, et les collectivités peuvent devenir de véritables forces d’entraînement si elles s’en saisissent. La photo de une est signée "Lauren Terrigeol"

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