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Au 15 décembre, la recharge hivernale des nappes souterraines a bien commencé. À la mi-décembre, une majorité d’aquifères montrent des niveaux orientés à la hausse. Mais derrière ce signal positif, la situation reste loin d’un retour à la normale. Les déficits accumulés ces dernières années, les contrastes régionaux et la lenteur de certaines nappes rappellent que la pluie ne suffit pas toujours à réparer la ressource.
Par Nicolas Vignot
Paru le 12/12/2025
Selon le dernier bulletin publié par le BRGM, la dynamique hivernale est désormais engagée sur une large partie du territoire. Plus de la moitié des nappes affichent une tendance à la hausse au 15 décembre 2025, signe que les pluies automnales ont commencé à s’infiltrer dans les sols et à réalimenter les aquifères. Dans de nombreux secteurs de l’ouest et du centre de la France, les nappes dites réactives répondent rapidement aux précipitations. Les niveaux se redressent, parfois jusqu’à atteindre des valeurs proches, voire supérieures, aux normales de saison.
Tendances observées sur les piézomètres au 15 décembre 2025. La situation globale est satisfaisante avec 45% des points d’observation au-dessus des normales mensuelles.
Cette amélioration ne doit pourtant pas être surinterprétée. Une nappe “en hausse” n’est pas nécessairement une nappe “reconstituée”. Dans plusieurs régions, les niveaux restent simplement moins mauvais qu’à l’automne, sans pour autant effacer les déficits hérités des sécheresses successives. Les grandes nappes inertielles, comme celles du Bassin parisien, réagissent lentement. Malgré le retour des pluies, leurs niveaux demeurent parfois bas, voire très bas localement. La recharge existe, mais elle s’inscrit dans un temps long, incapable à ce stade de compenser plusieurs années de prélèvements élevés et de recharge insuffisante.
La carte nationale révèle une situation très hétérogène. Là où certaines nappes bénéficient pleinement des pluies, d’autres restent sous tension. Dans le sud-est et le Roussillon, la recharge demeure faible ou incomplète, prolongeant une fragilité chronique de la ressource. En montagne, la situation est plus ambiguë. Les précipitations tombent en grande partie sous forme de neige, stockant l’eau sans réalimenter immédiatement les nappes. La recharge réelle dépendra de la fonte printanière, reportant les bénéfices hydrologiques à plusieurs mois.
Cette météo des nappes rappelle une réalité souvent oubliée: la recharge hivernale est une condition nécessaire, mais pas suffisante. Elle dépend non seulement des volumes de pluie, mais aussi de leur efficacité, de l’état des sols, de l’occupation des territoires et des usages de l’eau. À la mi-décembre, la tendance est encourageante, mais fragile. Les mois de janvier à mars seront décisifs pour déterminer si cette recharge se confirme ou s’essouffle. Et même dans le meilleur des scénarios, elle ne suffira pas à elle seule à corriger des déséquilibres structurels liés à la pression croissante sur la ressource.
En résumé, la recharge est bien là. Elle marque une respiration après des années difficiles. Mais elle ne “répare” pas encore les nappes. La vigilance reste de mise, tant du côté des conditions météorologiques à venir que des politiques de gestion de l’eau. L’état des nappes au printemps dira si l’hiver 2025 aura été un simple répit… ou le début d’un rééquilibrage durable. Source Bureau de recherche géologique et minière ( BRGM)
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